Voyage San Antonio - Salinas - Purmamarca
Le 17 septembre dernier nous sommes partis pour trois jours dans le nord de la province de Salta direction San Antonio de los Cobres. Deux amis d’Alexandra (avec qui je suis à la fac) étaient la pour trois semaines. On a donc décidé de louer une voiture avec eux trois pour trois jours dans une des nombreuses agences de location de Salta. Ce qui nous a couté 660 pesos de location pour les trois jours : dont 25 pesos par jours de garantie pour abaisser la franchise de 5000 à 1800 pesos. Et l’essence nous est revenue à 190 pesos. Donc pour se donner une idée ça fait 39 euros en tout par personne pour les trois jours. Malheureusement seul Guillaume pouvait conduire car il fallait avoir plus de 21 ans. Nous n’avons pas osé transgresser la loi sachant qu’on savait qu’il y avait des barrages de police à plusieurs endroits (un entre Salta et San Antonio, et un autre entre Purmamarca et Jujuy). Au premier barrage de police, ils ont vérifié les papiers, Guillaume avait oublié son passeport, mais nous n’avons eu aucuns soucis, mais au deuxième barrage ils nous ont juste demandé d’où on venait et ils n’ont rien vérifié. En effet il y a beaucoup de contrôle entre la frontière bolivienne et Salta pour vérifier sans doute les trafics en tout genre, les bus se font souvent arrêter, et ils fouillent les soutes pendant un moment.
Les lamas ont fait parti du voyage:
Le trajet entre Salta et San Antonio est au début assez monotone, mais tout de même dépaysant car on passe par plusieurs petits villages. Puis au bout d’un moment on commence à entrer dans la montagne, on traverse plusieurs rivières, ce qui rend le trajet beaucoup plus périlleux en été ! La piste et la route alternent, on croise plusieurs fois la voie ferrée du tren de las nubes (train touristique qui part de Salta pour aller jusqu’à San Antonio). Nous passons un lit de rivière rocailleux où il y a plus d’offrandes à la Pachamama que d’eau (les offrandes sont ensevelies sous des tas de pierres), à une petite route surplombant la rivière, jusqu’à des grandes étendues désertiques peuplées de quelques villages. Le printemps arrive, et parmi les lits de pierres grises quelques arbres verts font contrastes.
Nous nous arrêtons plusieurs fois. La première fois pour grimper jusqu’à une cascade… Oui l’eau nous manque ! Nous courrons après chaque filet d’eau. Sur le chemin nous croisons un petit village, des femmes font du stop, malheureusement la voiture est vraiment pleine à craquer et il y peu de voiture qui font ce trajet. Mais il y a un bus qui fait régulièrement les trajets depuis Salta. Nous nous arrêtons pour manger dans un arrêt de bus isolé, qui semble perdu au milieu de nul part, même si en réalité quelques villages se cachent derrière la montagne. Avant d’arriver à San Antonio nous passons par un col à plus de 4000 mètres, un panneau nous indique « hommage routier au record mondial d’altitude (1915 – 2005). Le mercredi 1-12-1915, la voiture de la gouvernance des Andes imposa en ce lieu appelé Abra Blanca (4060 m), un record mondial en unissant Salta et San Antonio de los cobres. » Bon c’est très mal traduit mais vous avez compris l’idée ! Mais l’altitude pour l’instant ne nous fait pas souffrir. Il faut dire que l'on reste tranquilles dans la voiture, c’est normal !
Une petite photo de nous:
Nous arrivons à San Antonio vers 16heures, mais en tout le trajet peut se faire en trois heures, nous avons juste bien pris notre temps ! Arrivé dans ce village minier à 3 775 mètres d’altitude nous nous arrêtons à l’entrée devant un petit bâtiment faisant office de tourisme. Des enfants en nous voyant arriver accourent pour nous vendre des petite maisons taillés dans la pierre. Un homme nous explique comment aller au viaduc du train de las nubes (à une bonne demi-heure du village en voiture). Nous partons donc directement pour éviter la nuit. Sur le chemin nous passons par un endroit étrange : des thermes abandonnées. On découvre alors plusieurs bâtiments en ruine avec des petits bassins à moitié vide d’eau plus ou moins chaude. Quelques bouteilles flottent à la surface des bassins. Ce lieu est magique et triste à la fois.
Les thermes, et la rivière salée:
Avant le viaduc nous passons aussi par des mines abandonnées elles aussi, qui nous avons essayés d’approcher mais le chemin était coupés par d’énormes rochers. Ensuite arrivés au viaduc nous trouvons alors un lieu un peu plus vivant. En bas du viaduc, quelques personnes vendent des produits plus ou moins artisanaux. Une petite maison faisant office de magasin abrite aussi quelques photos de la construction du viaduc. Un chemin permet de monter en haut du viaduc. Un groupe de militaire grimpe en haut presque en courant, nous les suivons d’un pas un peu plus lent. Après plusieurs hésitations nous nous décidons à traverser le pont. On avait en effet un peu peur de voir arriver le train sachant que les petites plateformes sur les côtés étaient dans un assez mauvais état, il ne fallait pas avoir le vertige ! Mais le train ne passe pas souvent donc nous n’avions pas grand-chose à craindre. Le viaduc est superbe et très impressionnant !
Le viaduc de la Polvorilla, 224 mètres de long, 70 de haut et 1 600 tonnes :
Nous retournons à San Antonio pour trouver un endroit où dormir. Nous retournons au mini office de tourisme, car l’homme nous avait dit qu’il avait quelques chambres. Arrivés la-bas, les deux enfants aux sculptures nous proposent de nous aider à chercher une auberge en échange de quelques pesos. Tout content ils grimpent dans la voiture et on fait le tour du village avec eux, sans beaucoup de succès car il y a beaucoup d’auberges mais peu on de la place pour cinq. Finalement on ramène les enfants chez eux, et on refait un tour du village et on trouve une auberge très sympa où une petite famille nous accueille gentiment. Les filles nous regardent timidement avec plein de curiosité dans les yeux. La plus grande finira par me demander mon numéro de téléphone en partant, même si elle n’a pas décroché un mot.
Nous mangeons dans un restaurant, deux d’entre nous gouteront d’ailleurs une milanesa de lama (la milanesa est une viande panée).
Nous repartons le lendemain matin après avoir trouvé des CDs de cumbia, rock nacional et folklore pour le trajet ! Pendant la nuit la rivière à geler, il a dû faire très froid. Nous nous arrêtons avant les Salines, encore un endroit magique. Nous mangeons à l’ombre des ruines au milieu d’un désert de sable et de sel, magnifique !
Peu après nous arrivons aux Salines, avec leurs bassins bleu transparent. Des artisans vendent des sculptures et des pierres gravées aux milieux des salines. Ils portent cagoule, manches longues et pantalons pour se protéger du soleil et de l’air qui assèche la peau en un rien de temps.
Nous 10 aux Salines, (au passage si tu passe par la merci Nicolas cette photo est juste génial :) ) :
Nous repartons ensuite direction Purmamarca où nous arrivons en fin d’après midi. Encore une route différente avec des montagnes de toutes les couleurs et des paysages grandioses, et aussi une bonne route goudronnée, ce qui fait plaisir à Guillaume, et aux autres passagers qui finissent par s’endormir !
Purmamarca est un village sur la route qui va de Salta à la Quiaca à la frontière bolivienne. Il est donc situé sur une route où passent beaucoup de bus. Il est donc beaucoup plus touristique que San Antonio (où nous n’avions trouvé aucun touriste). La place principale est remplie de stands où se vendent des produits boliviens, très peu d’artisanat ici. Nous avons discuté avec les seuls artisans ou presque du village. Un couple adorable originaire de Humahuaca qui vendait des bijoux. Ils nous ont dit que la police leur faisait payer un droit pour vendre, qui varie tout les jours selon l’humeur. A Humahuaca les artisans nous avaient dit que c’était dur pour eux car la municipalités de Tilcara ne les laisse plus vendre (village entre Humahuaca et Purmamarca). Elle ne veut désormais que des magasins proprets. La famille est contrainte de travailler quelques temps à Purmamarca pour payer le bus et aller s'installer vers Cordoba. Leurs productions sont superbes.
Nous au dessus de Purmamarca:
Purmamarca est situé dans la province de Jujuy et est connu pour sa montagne aux sept couleurs. Nous avons fait une petite ballade d’une demi heure sur la montagne de l’autre côté du village. Cela permet de surplomber le village et d’avoir une vue magnifique sur la montagne aux sept couleurs.
Nous avons logé dans une auberge au dessus de l’église. Ils nous ont assez mal accueillis, nous avons dû insister pour qu’ils nous prêtent quelques couverts pour faire un asado. Le lendemain nous n’avons pas eu droit au déjeuner malgré ce qu’on nous avait dit la veille. Bref auberge peu recommendable. Mais nous avons quand même passés une super soirée "asado", en compagnie d’un couple de français en vadrouille.
Le lendemain après midi nous avons laissé nos trois voyageurs qui voulaient continuer jusqu’à Humahuaca, pour rentrer à Salta. Arrivé à Jujuy nous avons opté pour le chemin appelé ruta de la cornisa (route 9). La route est plus longue que celle où passent les bus, mais elle est beaucoup plus jolie. Le paysage ici n’est plus du tout désertique mais c’est une forêt qui doit plus ressembler à une jungle l’été entrecoupée par plusieurs lacs de barrage et quelques vaches. Bref tout d’un coup on s’est un peu retrouvé en Auvergne ! Après tout ces paysages si dépaysants ça nous a fait bizarre !
Si vous voulez voir es autres photos du voyage c'est ici : San-Antonio---Salinas---Purmamarca !
Et ce week end nous partons en Bolivie, parce que nous devons faire renouveler nos visas touristes (et oui on est déjà ici depuis trois mois!), on va donc profiter de l'occasion pour visiter Potosi.