Récit de l'ascension du Tuzgle

Publié le par Stan

J'ai enfin pu mettre la main sur des photos de cette sortie. C'est parti pour un récit illustré. Pour ceux que ça intéresse : Topo pour l'ascension du Volcan Tuzgle (5500m)

 

Je suis parti pour San Antonio de los Cobres le jeudi, en bus. La route est magnifique, elle s’élève progressivement, passant de la valle de Lerma à la Quebrada del Toro pour arriver dans la puña salteña. On peut apercevoir les sommets enneigés. En fait, le trajet se justifie à lui-même tant il est beau.

 

L'Acay

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J’arrive à 21h à San Antonio, où le reste du groupe du CAM est déjà là. Nous allons tous manger au restaurant l’Aguila puis allons dormir dans une maison louée par Armando, notre GO pour cette occasion. Merci beaucoup à lui ! La soirée est très belle, il ne fait pas froid, le ciel est dégagé et nous offre une vue superbe sur la voie lactée. Nous dormons bien à San Antonio, grâce à son air très pur et très calme, à peine troublé par les fêtes des partis politiques, élections oblige.

 

San Antonio, au coeur de la puña ou au milieu de rien

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Le lendemain matin, nous allons nous dégourdir les jambes puis retournons déjeuner à l’Aguila. Nous mangeons beaucoup, ce qui n’est pas idéal pour s’acclimater. Preuve en ait, au même moment, deux touristes fraichement débarquées à San Antonio, tombent dans les pommes après un repas copieux.

 

L’après-midi, nous devons rejoindre le camp de base du Volcan. Nous louons le pick-up géant du patron de l’Aguila, une Ford F100 dans laquelle nous entrons à 10 personnes, avec tout l’équipement ! La route 40 est dans un état lamentable dans la province de Salta. Nous avançons péniblement et atteignons le viaduc de la Polvorilla après une heure. Ce qui suit est encore pire. La piste a quasiment disparu et il nous aura fallu descendre plusieurs fois pour guider le 4*4. Félicitations au chauffeur !

 

Le monster truck !

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Nous arrivons à la frontière entre Salta et Jujuy où la coutume est de laisser une offrande à la Pachamama. Les apachetas (tas de pierre), le verre cassé et les bouteilles en témoignent. Le réflexe, pour un français, est de voir ces lieux comme pollués par des détritus alors qu’ils sont sacrés. Cette frontière marque une amélioration radicale de la piste. Jujuy met les moyens pour entretenir cette route. Quel plaisir de rouler à l’arrière d’un pick-up géant, à 4500m d’altitude, au milieu de paysages incroyables, sous le regard des vigognes. Je m’excuse pour cette faute écologique et m’auto-puni et m’interdisant de regarder le prochain Ushuaia.

Le Tuzgle est désormais parfaitement visible et sa masse imposante force le respect. Malgré cela, il s’agit maintenant de ne pas rater le chemin jusqu’au camp de base. Il est à droite de la piste, nous avons laissé un gros caillou et des ossements comme repères mais ils risquent de ne pas y rester.

 

Le Tuzgle nous toise de haut

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C’est en réalité le chemin menant à une mine abandonnée de soufre, sur le flanc du volcan. D’ici, on prend conscience de l’immensité du volcan. Sa masse, son sommet enneigé et sa coulée de lave rouge forme un contraste saisissant avec les environs désertiques de la puña.

Avec l’altitude, le 4*4 peine à monter, recrachant allégrement du CO2 ici, où l’oxygène est si rare. Nous nous arrêtons à 4800m pour camper. Nous installons le campement, puisque la nuit arrive vite. Mes collègues du CAM se moquent de mon tipi (Origami de Sierra Design), mais je suis le plus rapide pour l’installation. Ils doutent de ses capacités à tenir le vent et craignent que je n’ai froid, car il n’y a pas de chambre intérieure. De mon côté je suis sceptique face à leurs tentes de « haute montage » avec des arceaux en vibre de verre placés sous le double toit. La nuit ayant été calme et peu venteuse, nos abris n’ont de toute façon pas souffert. Par précaution, j’avais tout haubané. Chaque groupe cuisine dans sa tente, à l’abri du froid et du vent. L’Origami permet de s’installer confortablement pour cuisiner et manger. Nous observons le couché de soleil sur les hauts sommets enneigés voisins. Puis, l’obscurité et le ciel parfaitement dégagés nous offrent une vue à couper le souffle sur les étoiles, dont certaines filantes. Je ne me lasse pas à ce ciel à l’envers d’hémisphère sud.

 

A cause de l’altitude, personne ne dormira bien (ou presque). Nous somnolons par phase de 10 – 15 minutes, au total deux heures peut être. C’est la première fois que je ferme presque complètement mon sac de couchage (Pipedream 600). Je ne pense pas qu’il ait fait très froid mais la fatigue et l’altitude font qu’il est plus ressenti. Une température confort de -10° me parait bien adaptée. La nuit a été magnifique malgré deux vomis pour la tente d’à côté, dus à un diner trop riche. Le groupe va bien, mis à part cet incident et quelques légers maux de tête.

 

L'Origami, pour un autre campement au-dessus de 4500m

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Nous nous réveillons à 4h pour un départ à 5h. Nous nous habillons chaudement. Je me dis qu’en marchant, ça ira mieux. Mais comme lors de l’ascension du Macon, j’ai tort et ne quitterais pas mes vêtements chauds durant la marche. Le froid n’est pas à prendre à la légère. J’ai fait l’ascension avec deux paires de chaussettes, chemise ML, deux polaires, veste gore-tex, cagoule et bonnet, deux paires de gants et j’ai eu bien froid. Je crois que l’altitude limite notre capacité à lutter contre le froid. De plus, le manque d’oxygène ne permet pas d’augmenter son effort pour se réchauffer, sous peine de mal des montagnes. Nous avons froid y compris ceux qui ont une doudoune et des collants. Le thé nous fera du bien et enfin le soleil pointe son nez par-dessus la montagne. Je me sens en pleine forme mais nous avançons trop lentement. Nous atteignons le « pré-sommet » à 11h, à 5400m. Le 4*4 nous attend à 12h au camp de base. De plus, le sommet est bien enneigé et l’ascension, bien que faisable sans, serait plus sûre avec des crampons. Nous renonçons au sommet. L’important est que nous soyons tous (les 8) arrivés jusqu’ici et ayant profité à fond ! Nous passons quelques minutes à nous reposer et à faire des photos sur la neige. Au fait, à quelques kilomètres du tropique, à 5400m et sur la neige, le soleil, ça brûle pas, ça crame !

 

Le sommet

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Nous descendons par un éboulis au sud du sommet. Sans nous en rendre compte, nous souffrons du soleil et de la chaleur. Arrivé au camp de base, j’assiste à un vomi supplémentaire, dû à un coup de chaud. Je ne me sens pas très bien non plus mais ça passe avec un peu d’eau fraiche sur la tête et en enlevant les polaires. Quels temps ! Nous démontons le campement et rangeons tout dans le pick-up. Nous sommes épuisés mais supers contents (d’où les vomis en réalité) de cette journée.

 

Nous redescendons, toujours avec une vue sur l'Acay

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Le retour sur Salta ressemble à l’aller, mais dans l’autre sens…

 

Pour plus de photos : album photo Flickr 

Liens

http://www.noticam.com.ar/2011/04/relato-volcan-tuzgle.html

http://www.noticam.com.ar/2007/03/cumbre-en-el-tuzgle.html

http://www.noticam.com.ar/2007/03/tuzgle.html

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