Les ruines de Quilmes
En allant de Tafi del Valle (Tafi del Valle) à Cafayate, nous sommes descendus en cours de route pour visiter la cité sacrée de Quilmes. Bien qu’elle n’ait rien à voir avec la bière argentine, la visite est intéressante. A une heure de bus de Cafayate et de Tafi, Quilmes est situé à flanc de montagne et domine toute la vallée.
Pour l’atteindre, nous avons marché 5km sur la piste. Il est possible de laisser les sacs à dos dans une maison près de la route. Ce que nous n’avons pas fait pour profiter pleinement du plaisir de l’effort d’une marche sous la chaleur. Lâchement, nous n’avons pas ajouté de cailloux pour lester nos sacs.
L’entrée coûte 5$ARG. Le site est tenu par les indiens. Il est possible de prendre les services d’un guide pour 10$ARG/personne. A posteriori, ça aurait valu le coût d’avoir quelques explications en plus de celles de la petite brochure de l’entrée.
Le site a plusieurs centaines d’années. C’est une cité fortifiée, à flanc de colline. Les indiens ont résisté aux conquistadors pendant des dizaines d’années. Une fois vaincus, ils ont été déportés à Buenos Aires pour construire la ville. Quilmes a été détruite et toute trace de leur civilisation a été effacée.
Les montagnes de Quilmes
La place du village
Y'a comme un air de bravitude
Du haut de ce mirador, cinq siècles et un hôtel quatre étoiles nous contemplent
La cité fonctionnait de deux façons, selon l'ambiance. En temps de paix, les habitants vivaient dans les habitations basses. En cas de conflit, ils se retranchaient dans les hauteurs. Les miradors permettent de surveiller très très loin !
Les informations suivantes sont tirées du document fourni à l’entrée du site. En 1977, les indiens obtiennent l’expropriation de trois « usurpateurs de titre de propriété ». Ils entreprennent la restauration du site. Mais en 1992, un entrepreneur local (Hector Eduardo Cruz) obtient la concession du site pour 10 ans pour 110$ARG. C’est magouille et compagnie, d’autant plus qu’il ne paiera même pas. Il construit un affreux hôtel au pied du site. Parfois, la conservation du patrimoine historique laisse à désirer en Argentine, surtout quand des intérêts économiques entrent en jeu. En 2002, la communauté indienne se mobilisa pour que la concession ne soit pas renouvelée. Elle gagna le procès mais Cruz continua d’exploiter illégalement le site pendant cinq ans. Ce n’est que lorsque les indiens bloquèrent l’accès au site que les autorités firent partir Cruz. Depuis, le site est exploité par la communauté et l’hôtel est fermé. Mais les indiens ne peuvent récupérer toutes leurs terres.
Ces conflits posent clairement les tensions existantes entre une culture « occidentale » de la propriété privée et une culture indienne qui ne conçoit pas que la terre appartienne à quelqu’un. Pour eux, la terre est un lieu de vie, une ressource, mais en aucun cas une propriété, que l’on peut vendre, échanger, transmettre. On ne fait qu’y passer. La terre est un patrimoine communautaire et ancestral. Ils en ont été chassé « légalement » leurs terres par les colons ayant acquis des titres de propriété privé mais revendiquent de pouvoir y vivre car en sont les habitants originels.
L'album photo des ruines de Quilmes