Détails pratiques : San Antonio - Salinas - Purmamarca en voiture

Publié le par Stan

Pour l'instant, la boucle San Antoni - Salinas Grandes - Purmamarca est sans doute le meilleur voyage que l'on ait fait dans le NOA. Le fait d'avoir louer une voiture y est sans doute pour quelque chose.

 

La location

Rien de plus simple pour trouver les agences de location. Elles sont presques toutes situées à côté de la Plaza 9 de Julio, sur la rue Caseros, du côté de la rue Buenos Aires. Pour se repérer, c'est facile, il y a l'église rouge à côté.

Les conditions sont peu restrictives. Il suffit d'avoir le permis et d'avoir plus de 21 ans. Sur ce dernier point, c'est valable dans tout le pays et pour toute les agences. C'est bien sur aussi le cas du point un !

Il faut avoir une carte bancaire pour qu'il puisse prélever l'éventuelle caution dessus.

 

Les prix

Il n'y a pas de différence énorme entre les agences. Les écarts de prix s'observent surtout selon le type de véhicule choisi. 

Pour une catégorie B (Berline type Mégane) il faut compter entre 600 et 800$ARG (pour 3 jours, soit 200 à 270 par jour) pour un forfait de 200 à 300km quotidiens. Pour avoir droit au kilométrage illimité, le supplément n'est pas très important. Le prix passe à 300$ARG journalier. A l'inverse, les kilomètres "hors forfait" sont hors de prix : 0,7$ARG l'unité !

Pour un 4*4, le prix passe du simple au double (1200 ou 1300 pour trois jours). Mais vous aurez la chance de conduire un magnifique véhicule, viril et imposant, et aurez moins peur des collisions aux carrefours. 

L'essence coûte environ 4$ARG. Pour le total, on en a eu pour 180$ARG, soit 45l pour un peu moins de 600km (12-13l/100km). La voiture chargée, dans les côtes, à plus de 3000m, ça consomme ! D'autant plus que c'est une Chevrolet...

 

Dans notre cas on a pris une voiture de catégorie B (petits joueurs) avec l'agence Budget. 660$ARG pour trois jours, 600km, c'étaient les moins chers. Ce prix inclus une assurance optionnelle de 29$ARG/jour qui permet de réduire de 4800$ARG à 1800 pour des dommages ou un vol. Pour une destruction complète, c'est 10000$ARG (arrondi).

La voiture était très bien, une Chevrolet noire, qui tout au long du voyage a su mettre en valeur la poussière de la piste. Elle était suffisamment puissante pour encaisser les côtes à 4000m, relativement confortable, même à 5 et avec un grand coffre. Clim, direction assistée, lecteur de CD, le top !

Les catégories A (clio & co) sont moins chères mais nous étions 5 et partions pour de la piste. Mieux vaut quelque chose de plus grand et solide. Je ne connais pas exactement les prix, mais ça tourne vers les 170$ARG/jour.

 

Le check-list

Avant le départ, l'employé nous a remis les papiers et nous avons inspecté le véhicule. Il note chaque dommage présent sur la voiture. Pour notre malheur, il a oublié deux éclats sur les enjoliveurs. Ce qui n'est pas passé inaperçu au contrôle du retour. Heureusement, ils sont réglos et sont allés vérifiés sur les contrôles antérieurs du véhicule pour voir si ces dégâts apparaissaient. Oui, ouf !

On aurait dû être encore plus tatillon quand même pour le check du départ.

La voiture est fournie avec le plein et doit bien sur être rendue avec.

 

Le trajet

Avant le départ, plusieurs argentins nous ont vigoureusement mis en garde face à la difficulté et aux dangers de la piste qui va à San Antonio de los Cobres. 

Le vrai danger, la grosse difficulté, ce n'est ni la piste, les cailloux, les rivières à traverser, les ravins, les lamas cracheurs de venin... non, car avant d'affronter cela, il faut sortir de la ville !

En terme d'orientation c'est très simple, mais c'est la conduite salteña qui pose souci. Il n'y a pas de code de la route vraiment établi, pas ou peu de signalisation et de marquage au sol et les conducteurs sont... au taquet ! 

La piste. Vraiment, je vois pas la difficulté, sauf en cas de pluie où c'est impraticable, même en 4*4. A croire que les argentins n'imaginent pas qu'il existent des chemins et des routes pourries de montagne en Europe. La piste est la plus pourrie peu après Salta, pendant une heure. Il suffit de rouler tout doux et de faire attention aux endroits où il y a du sable profond. Les petites rivières se traversent bien. Attention à ne pas traverser à fond, ça augmente les risques d'entrée d'eau dans le moteur. A un moment, la piste se sépare en deux, une va vers le bas, longe la rivière. Elle est pour les véhicules lourds, il ne faut pas la prendre, les rivières sont plus profondes. Pour les petites voitures, c'est celle d'en eau.

La piste laisse place à la route peu avant le poste de gendarmerie. C'est ensuite un vrai billard, un bonheur de rouler à plus de 3000m d'altitude, dans des décors superbes. La voiture peine un peu avant le col à 4000m, mais ça le fait.

Puis place à la puña, le haut plateau, et retour de la piste, mais de meilleure qualité.

Pour aller à San Antonio de los Cobres depuis Salta, il faut compter 3-4 heures pour avaler les 170km, en s'arrêtant peu. Les indications de google map sont fantaisistes. 

 

De San Antonio au Salinas, c'est exclusivement de la piste, mais elle est de bonne qualité. Il y a 100km, donc environ 2H minimum.

On retrouve enfin la route après les Salinas, pour rejoindre Purmamarca et la quebrada de Humahuaca. C'est un vrai billard ! La route s'élève en lacets jusqu'à un col à 4200m, la voiture pousse un peu. Puis sans transition, on enchaîne sur une descente en lacets. Depuis les Salinas, il reste 60km, 1h30, pour aller à Purmamarca.

 

Nous avons fait un crochet pour aller voir le viaduc de la Polvorilla. C'est uniquement de la piste, dans un état moyen. Il faut une bonne heure AR. Sur le trajet, on peut s'arrêter voir des anciennes termes. Il y a aussi une mine, mais ne pas essayer d'y aller en voiture sous peine de passer un grand moment de solitude consistant en une longue marche arrière sur une piste étroite au bord du ravin. Des rochers barrent le chemin. 

Pour s'y rendre il faut quitter le village par l'ouest en se dirigeant sous le pont que l'on aperçoit bien. On passe devant le terrain des militaires, puis sous le dit pont. La piste est ensuite droite et plate. Le chemin menant au viaduc est sur la droite, il y a un panneau. C'est un peu avant un groupe de bâtiments situés sur la gauche de la piste. Mais mieux vaut aller voir l'office du tourisme (payante, au bon vouloir) à l'entrée du village, ses conseils sont pratiques.

 

Enfin, pour rentrer sur Salta, il y a deux options. 

- La nulle, qui consiste à passer par la ville de Guëmes. La distance est supérieure mais on gagne du temps car la route est bonne (autopista). Niveau paysage, c'est moyen. Mais on rejoint Salta en 3h (190km)

- La bien, c'est de passer par la ruta 9, ruta de la Cornisa. C'est une route de montagne, qui traverse un paysage de yunga (fôret d'altitude très dense). La route est étroite et sinueuse. On se croise difficilement et les virages s'enchainent. Bref, on roule à 40, comme sur de la piste. Il faut bien 2h pour aller de Jujuy à Salta, plus 1h pour faire Pumamarca - Jujuy (60km).

Dans les deux cas, la route est très bonne de Pumamarca à Jujuy.

 

Au total, nous avons fait 570km (sur un forfait de 600) et roulé environ une dizaine d'heure. Dire que des compagnies touristiques font ça dans la journée ! Des vacances avec une cadence encore plus forte qu'à l'usine...

 

Les étapes

San Antonio est une ville minière et industrielle, pas très belle en soi, mais dans un décor sublime. Il y a de nombreux hôtels et alojamientos chez l'habitant. A l'entrée de la ville, un office du tourisme privé peut aider. Nous avons logé dans le sympathique hostal de los nubes, un peu à l'écart de la ville. Les chambres et les sanitaires sont très propres.

Il y a une station essence pour se ravitailler, mais le carburant est cher ! Peut-on parler de monopole de situation ? Oui.

 

Purmamarca est un village hyper touristique, je dirais même dénaturé. Pour sa défense, le centre est mignon et la quebrada grandiose. Les prix sont élevés. Nous avons logés derrière l'église, une très mauvaise adresse. Nous avions demandé s'il était possible de faire un asado, réponse "bien sur". Au moment d'allumer le feu, on demande des assiettes et couverts que l'on nous refuse. Le lendemain matin, nous avons la surprise d'apprendre que le petit déjeuner n'est pas inclus, alors que nous avions demandé la veille. La boite est mal tenue, les employés se chamaillent, ne communiquent pas entre eux, le patron est injoignable et le service s'en ressent. 


Les indispensables

Avec le dénivelé et l'altitude, la voiture a tendance a chauffer et consomme beaucoup, à surveiller. Dans certains coins, mieux vaut ne pas tomber en panne. Rouler de nuit est totalement déconseillé, car plus risqué.

Au milieu du désert, mieux vaut prévoir une réserve d'eau conséquente, de la protection solaire et surtout des lunettes pour pouvoir garder les yeux ouverts. Entre le soleil tropical et le sol blanc, c'est impossible sans.

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