Randonnée Brealito - Cachi
Du 16 au 19 décembre, nous avons réalisée une randonnée sur trois jours. Chaque année, le CAM de Salta organise cette sortie en hommage à l’un de ses membres, décédé il y a 10 ans sur l’Aconcagua.
A l’origine, elle consiste en trois jours à relier Brealito à Cachi. Pour notre part, pour des questions d’organisation, nous avons fait l’aller-retour jusqu’au col (abra) de las banderas.
Cette sortie est vraiment magnifique et j’ai envie de la refaire en mars, quand les paysages auront bien verdis. Les paysages sont très variés, la difficulté est modérée et il y a de l’eau tout au long du parcours ou presque. Le rêve ! Sur le parcours, nous avons été accueillis par des gens charmants, des fermiers et des éleveurs qui vivent aux milieux de ces montagnes. Bien qu’ils n’aient ni eau courant, ni électricité et qu’ils vivent parfois dans des conditions difficiles, ils font preuve d’une gentillesse et d’une générosité à toute épreuve. Au fil des années, des liens se sont noués avec les gens du CAM, qui face à cet accueil font des donations de choses qu’il manque ici (vêtements, jouets…). Bien que cette initiative m’ait paru étrange au départ, avec l’idée que ce soit un acte de « charité », en quelque sorte pour ce donner bonne conscience. A posteriori, ce n’est pas le cas puisqu’il y a un réel échange, un partage.
La première partie de la randonnée suit la rivière puis un chemin large et bien marqué. On a un peu souffert de la chaleur et de la force du soleil d’été. Mis à part ça, le chemin s’élève doucement et régulièrement. La rivière permet de se rafraichir souvent.
La seconde partie, après la ferme, est plus encaissée et monte jusqu’à la seconde ferme. L’orientation devient un peu plus délicate, les sentiers sont moins marqués et plus nombreux. La progression se fait entre les plantes épineuses. Mais c’est ce qui fait le charme de la région.
Nous avons ensuite dormi à la ferme où nous avons pu manger un excellent asado de chèvre. Leur fromage est merveilleux. Il est même possible de dormir dans la ferme. Mais pour tout cela, il faut au préalable contacter Tavo, à Brealito (à voir avec l’office du tourisme de Seclantas). Il pourra aussi utiliser ses ânes pour transporter vos affaires. Il connait très bien ces montagnes.
Le Nevado de Cachi, dont le sommet principal dépasse les 6300m
Le lendemain, la montée est plus franche. Au début, l’orientation n’est pas évidente mais rapidement on revient à suivre le ruisseau et les choses sont plus simples. La végétation basse et épineuse assure un massage de l’épiderme et même un peu plus. Le relief devient plus marqué et l’on devine le col. Sur la fin, l’imposant Nevado de Cachi apparait. Le col est marqué par un mat sur lequel sont accrochés des drapeaux, t-shirts, casquettes… en hommage à Flavio Lici, andiniste du Club de los Amigos de la Montaña, mort en 2000 sur l’Aconcagua.
Je ne connais pas la suite jusqu’à Cachi Adentro puis Cachi mais j’espère bien remédier à ça dans les mois à venir.
D’un point de vue pratique, il y a quelques informations à noter.
L’accès
L’accès au départ de la randonnée n’est pas évident. Brealito est isolé et pas accessible en bus. Au mieux, il y aurait un ou deux micro par semaines qui rejoindraient Seclanta. Cette dernière est mieux desservie, via les bus allant de Cachi à Molino. Le plus simple serait certainement de prendre un remis de Seclanta à Brealito… ou alors de faire la bonne quinzaine de kilomètres à pieds.
L’hébergement et le ravitaillement
De ce coté là, c’est assez simple. Il y a un camping à Seclantas et un autre à Brealito. Il est possible de dormir dans une ferme si l’on prévient à l’avance. Sinon, la montagne est grande… J’imagine qu’il y a aussi un camping à Cachi ou qu’il est possible de dormir à Cachi Adentro.
Pour se ravitailler, il y a des commerces à Seclantas, Brealito et Cachi. Il y a possibilité d’acheter quelques vivres dans les fermes, mais rien n’est sur. Pour l’eau il n’y a aucun problème puisqu’il y en a partout. Par contre, il y a des animaux jusqu’au col. Pour le doute, nous avons utilisé de la javel ou des pastilles.
Le parcours
J’ai noté un parcours approximatif sur google earth avec quelques points de repères. L’orientation n’est pas très difficile mais il est très facile de perdre beaucoup de temps à cause du relief, des petits ravins creusés par l’eau, de la végétation… bref, de se fatiguer beaucoup et d’allonger la marche.
Physiquement et techniquement, il n’y a rien de difficile.
Voilà un lien vers la carte google earth. Il n’est pas possible de repérer le sentier depuis les images google. Parfois on peut l'apercevoir (au début par exemple), mais le plus souvent il n'est pas visible. Le trajet représenté est donc à titre indicatif.
Les difficultés
Elles sont communes à la plupart des randonnées du secteur. Il y a bien sur l’isolement, la faible densité et l’absence de réseau téléphone qui posera problème en cas de pépin. En hiver il peut faire très froid en altitude (-10° facile la nuit) alors qu’en été les jours sont très chauds (35 – 40°) avec un soleil de plomb qui brule la peau. Toujours en été, à partir de mi-décembre, il faut faire attention aux orages.
Voilà l'album photo de la traversée.