Première haute montagne, le Macon, 5600m

Publié le par Stan

 

Chaque année, la municipalité de Tolar Grande et la communauté Kolla (www.tolargrande.gov.ar)organisent l’ascension du Macon, la montagne sacrée, pour faire des offrandes à la Pachamama (terre mère) et remercier la montagne qui fournit l’eau au village.

 

Je ne pouvais pas laisser passer cette occasion de m’essayer à la haute montagne ! Il faut savoir qu’en Amérique Latine, « haute » montagne c’est à partir de 5000m, pas moins. Ce n’est pas très sympa pour nous, européens, puisque l’on ne peut même pas dépasser cette altitude sur notre continent.

 

Tolar Grande est situé à… loin de Salta. C’est près de la frontière Chilienne et il y a au moins 300km de routes. Google ne sait pas calculer le trajet, il ne connait pas la très jolie mais très petite piste qui mène au village. La piste c’est sympa, mais un peu long. On est partis à 7h30 et arrivés à 18h. Heureusement, les paysages sont superbes. On passe de 1200m d’altitude à 3500m, avec des cols à presque 4500m.

 

La première partie du trajet est superbe, sur la route 51, jusqu’à San Antonio de los Cobres. On peut apercevoir tous les sommets du coin : le Redondo, le Golgota, l’Acay, le Negro et au loin le volcan Tuzgle. Tous les sommets dépassent les 4000m et les 5000 sont légion. Au jugé, on sous-estime toujours l’altitude tellement les espaces sont immenses.

La seconde partie du voyage se déroule dans la puna, le haut plateau. C’est un peu plus monotone, mais en arrivant vers Tolar Grande il y a des formations géologiques dingues. Il y a les sept virages, des montagnes rouges, des rochers de toute forme, du sable, des salars…

Le combi Mercedes peine un peu pour grimper les sept virages. On arrive au « corazon de la puna », Tolar Grande, à 3500m. C’est un village perdu au milieu des hauts plateaux. Le décor est superbe mais ce ne doit pas être facile d’habiter ici, loin de tout.

 

Tout le monde se couche tôt, demain on décolle à 4h du matin. Réveil à 3h, c’est là que je me dis qu’il faut être un peu dingue. Dehors, le climat est bien violent. Un vent fou et un bon moins 5. Tant pis, il faudra faire avec. La puna, c’est ça, on peut passer de 40° à -10° dans la même journée. Autant dire que les habitants du coin sont solides. Notre chauffeur de mini-bus se permet de doubler ses camarades et parvient à se perdre puis s’ensabler quelques kilomètres plus loin. A 4000m d’altitude, en pleine nuit, à la frontale, par -5 ou -10, la scène a son charme. On redescend avec des 4*4 et l’ambulance locale (à ce moment je me dis qu’il ne faut pas se faire mal ici) pour rejoindre le point de rendez-vous. El « abuelo » mène la cérémonie et fait les offrandes à la Pachamama. A ce moment, je n’ai qu’une envie, c’est de marcher pour me réchauffer un peu.

Au total, il y a presque 80 personnes. On fait quatre groupes, répartis sur deux routes d’ascension. Le début est tranquille et ça monte gentiment. L’altitude se fait sentir (on est à plus de 4000m) mais ça va. Derrière nous, il y a une vue sur le Salar d’Arizaro (Salar_d'Arizaro). Un guide m’a dit que c’est le troisième plus grand du monde. On aperçoit les principaux sommets de la Province de Salta, dont le Llullaillaco (Llullaillaco) et ceux du Chili.

 

Vue sur le Salar à l'aube

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (10)

 

On avance assez rapidement mais le froid et le vent sont vraiment « jodidos ». La pente raidie et nous ralentie un peu. Les jeunes de San Antonio, qui vivent à l’année à plus de 3500m, gambadent joyeusement. Ils sont parfaitement acclimatés.

 

Le même Salar, quelques mètres plus haut et quelques heures plus tard

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (25)

 

Ouf, on arrive aux 5000m

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (70)

 

Aux 5000m, il y a une tente avec un infirmier pour vérifier si tout le monde va bien. Globalement, tout le monde est arrivé à ce stade. Bien que ce soit dur, ça n’a rien d’exceptionnel. Mon taux d’oxygène est bon, je peux continuer, après une pause repas. C’est à partir de là que je vais comprendre pourquoi la haute montagne ne commence qu’à partir des 5000m. Là commence la grosse difficulté. Chaque centaine de mètres se fait bien mal sentir. Sur notre route, nous étions presque 40 aux 5000m. 300m plus haut, on devait être la moitié et au sommet, à peine le tiers. J’ai vraiment commencé à sentir l’altitude à partir de 5300m. A partir de là, faire 10 pas sans s’arrêter devient un exploit. J’ai mis presque deux heures pour grimper les 300 derniers mètres ! J’ai suivi les jeunes de San Antonio et c’était un peu rapide pour moi. Au final, je suis arrivé à 13h en étant parti à 6h du matin (d’un peu plus de 4000m).

Au sommet, la vue est magnifique. C’est un panorama avec un champ de vision immense. Le ciel est parfaitement dégagé. Le salar est immense. On peut voir des sommets situés à des centaines de kilomètres. On a pris le temps de faire une cérémonie pour la Pachamama en déposant des offrandes au pied de l’Apacheta (amas de pierre). La cérémonie consiste à allumer un feu puis à côté à déposer des feuilles de coca sur lesquelles on verse des boissons (vin, coca, soda) en faisant des cercles (le cercle de la vie). On peut aussi planter des cigarettes allumées dans le sol. Les indiens Kola viennent ici tous les ans pour faire ces offrandes. L’Abuelo (le grand père, il doit bien avoir 65 ou 70 ans) arrive à 14h. Quelques jours avant, il a fait une tentative d’ascension du Llullaillaco. Mais si on l’écoute, il n’est pas en forme… La moitié des participants sont arrivés au sommet, mais surtout les gens de la puna.

 

La vue depuis le sommet

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (69)

 

J'suis hyper content... bleuarg ! 

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (64)

 

 J’ai eu de la chance pour le mal de l’altitude. A part l’envie de vomir au sommet et le souffle court, je n’ai rien eu. C’est certainement le fait d’avoir vécu en Auvergne qui me donne un avantage certains pour la haute montagne. Pour une première je suis vraiment content, je ne pensais pas y arriver, c’était vraiment dur, surtout à cause du faible temps d’acclimatation. La descente a été rapide. C’est un vrai soulagement de descendre. La fatigue et la nausée disparaissent et il y a enfin assez d’air ! Une collègue du CAM ne se sentait pas bien et j’en ai profité pour finir de descendre avec l’ambulance locale (celle qui pourrait servir pour faire la pub de swiffer l’attrape poussière). Je critique mais elle aura bien servie. L’équipe médicale aura dû gérer : un début d’hypothermie, une entorse de la cheville, un coup de faiblesse aux 5000m et des gens à descendre car trop fatigués.

 

Et on descend !

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (77)

 

Jusqu'au point de départ.

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (83)

 

Le lendemain, nous sommes allés voir « l’œil du diable », c'est-à-dire des trous d’eau dans le Salar. C’était bien plus tranquille que la veille et une bonne transition avant le retour sur Salta.

 

Je vois pas ce qu'il y a de diabolique ?

Ascencion Macion - 20 novembre 2010 (110)

 

Et voici le lien pour l'album photo en ligne.

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V
<br /> BRAVO pour cette ascencion et merci de nous faire<br /> partager de si beaux moments avec des photos magnifiques!<br /> encore merci pour tout ça.<br /> <br /> <br />
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S
<br /> <br /> C'est magnifique, mais que c'est dur. Sur la fin je croyais ne pas pouvoir y arriver.<br /> <br /> <br /> <br />