Inondations à Salta

Publié le par Stan

 

La saison pluvieuse et là et les orages se succèdent. Dernièrement, une averse plus violente que les autres a provoqué une inondation assez impressionnante, mais qui semble courante ici.

 

Pour avoir une idée de ce que ça donne il y a une vidéo sur Dailymotion : 

http://www.dailymotion.com/madameautomne#videoId=xgw5as

 

On avait de l’eau au niveau du genou dans la rue Caseros. L’eau allée de façade à façade, la rue était devenue une rivière, et ce n’était pas la seule.

 

29-31 janvier 2011 - Salta (8)

 

 

29-31 janvier 2011 - Salta (18)

 

Dans certaines rues du centre, par exemple la Belgrano c’était encore pire, avec de l’eau jusqu’à la taille ! Pour avoir fait le trajet des quartiers pauvres du sud jusqu’au centre en voiture, j’ai pu me rendre compte des problèmes posés.

Dans les quartiers pauvres, où les rues ne sont pas goudronnées, la boue est partout et restera plusieurs jours. Dans le centre, l’imperméabilisation du sol est plus importante et il y a donc plus d’eau encore. Les voitures se noient et bloquent la circulation, les réseaux de bus sont déviés, les rues les plus inondées sont fermées et Salta devient un archipel composé d’îlots. Sur l’avenue Virey Toledo, des voitures stationnées ont même été emportées et retournées par le courant. Le tout a duré une heure environ. Après, les rues étaient à sèches. Mis à part quelques déchets et des traces de boue, il n’y a pas vraiment de dégât. Ce n’est pas le cas dans les quartiers pauvres où les familles vivant dans des habitations précaires ont beaucoup souffert et ont perdu le peu qu’elles avaient. A l’inverse, j’ai remarqué que dans le centre les belles maisons sont carrelées au rez-de-chaussée, souvent jusqu’à un mètre de hauteur. L’entrée est surélevée d’une marche ou deux par rapport au trottoir. Dans la maison, une marche sépare encore l’entrée de la cuisine. Même si l’eau rentre, elle n’abime n’y les murs n’y les appareils électroménagers. Un coup de serpillière et c’est comme neuf ! Ce phénomène semble se produisent deux ou trois fois par an et les habitants y sont bien rodés. Mieux vaut rester chez soi et se mettre à l'abri en attendant que ça passe.

 

Ces inondations ne sont pas seulement dues aux fortes pluies. Elles sont le résultat de la politique d’évacuation des eaux à Salta. En France, le réseau d’évacuation des eaux de pluies (généralement commun aux égouts) est (sur)dimensionné pour évacuer jusqu’aux orages violents. L’eau va directement des toits et des rues au réseau d’égouts et d’évacuation souterrain. L’eau tombe et s’en va comme par magie. Les zones moins peuplées situées en aval subiront par contre une rapide montée des eaux. Les stations d’épurations ne pourront faire face à cet afflux et rejetteront des eaux sales dans le milieu naturel. Sans parler du coût exorbitant pour la construction et l’entretien d’un réseau d’un tel débit.

A Salta les choses sont bien différentes. Les gouttières se jettent dans les rues. Dès la moindre pluie, les caniveaux se transforment en petits ruisseaux.  En cas d’orage, les rues deviennent des rivières et jouent le rôle de réseau d’évacuation des eaux de pluie. Elles sont légèrement en pente et convergent vers de profonds et larges canaux qui conduisent à la rivière. Sachant qu’il pleut peu dans la région, je trouve que c’est une solution pragmatique et bon marché. Ça nous rappelle aussi qu’en France on a tendance à ne pas accepter les désagréments provoqués par les phénomènes naturels à un tel point que l’on met en œuvre de couteuses solutions techniques pour les faire disparaitre ou au moins les masquer. L’enfouissement de l’évacuation des eaux, les salages préventifs et massifs ou la volonté de vivre dans un environnement chauffé et climatisé entre 20 et 24° l’illustrent assez bien. On se construit des petites bulles, dans nos villes et nos maisons, qu’importe le coût économique, énergétique et environnemental.  

 

Les salteños acceptent mieux les aléas, font avec et s’adaptent plutôt que d’essayer coûte que coûte d’y mettre fin. Dans les maisons, il fait froid en hiver et chaud en été. Quand il pleut, il y a même des flaques dans les rues !

Mais même ici, les choses changent et les climatiseurs se multiplient chez ceux qui en ont les moyens. Vu le climat, c’est injustifié. Bien qu’il puisse faire chaud la journée (35°), ça n’a rien d’extrême, dure rarement longtemps et les nuits sont toujours fraiches grâce à l’altitude. 

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