Conseils et informations pour préparer une randonnée autour de Salta
En France, préparer une randonnée est assez facile grâce à l’IGN, aux topos de la fédération et à ceux fournis par des passionnés sur internet et à toutes les informations que l’on peut trouver sur internet ou en contactant les refuges.
Tout ceci n’existe pas dans le nord-ouest argentin et il faut faire avec les moyens du bord. Au début j’ai un peu désespéré mais je commence à m’y faire et à gérer la préparation de sortie autour de Salta.
Pour préparer une sortie ici, il existe plusieurs outils et source d’information. Il faut savoir que les « locaux » disposent d’information, mais celles-ci passent par le bouche à oreille et les sorties en groupe. Bref, « on » connait tel parcours parce que X en a parlé ou alors que l’ « on » y est déjà allé avec quelqu’un ou un groupe. L’information existe (club de montagne, guide local, pratiquant) mais elle n’est pas ou peu accessible au visiteur.
Voici en quelques étapes comment je prépare une sortie :
- Face à l’immensité, le mieux est d’aller piocher des idées. Pour cela, les blogs des clubs locaux sont parfaits : http://www.noticam.com.ar/ et http://janajman.blogspot.com/. Via les récits, ils donnent des idées et quelques éléments d’informations. Mais ils n’y a pas qu’eux. http://es.wikiloc.com qui référence les routes GPS est parfait pour ceux qui en ont un. Enfin, le site http://www.latitud-cero.com.ar/ propose plusieurs traversées et sommets. Ensuite, il faut savoir détourner l’offre commerciale. Pour cela, je regarde les sorties proposées par les agences. Il y a parfois des descriptifs intéressants et assez précis. Un petit tour sur google earth permet de repérer les endroits où il y a beaucoup de photos marquées en "hors piste". Attention car c'est souvent imprécis, voire trompeur.
- Une fois cette première étape franchie, avec quelques envies et idées en poche, je regarde ce qu’il m’est possible de faire en localisant approximativement la randonnée. Voyager en bus limite les possibilités par exemple. Mais depuis Salta, on peut aller un peu partout dans la province.
- Ensuite il faut trouver le point de départ précis, l’accès de la rando. C’est souvent une étape difficile mais indispensable à la suite de la préparation. Il faut se retrouver au milieu des noms des petites localités, des lieux dits… bref, des coins paumés, mal référencés sur google. Il faut retourner pêcher les informations sur les sites mentionnés, lire les récits, regarder les photos… Une fois une localisation approximative effectuée, il est possible parfois d’apercevoir les sentiers sur google earth. Là, c’est jackpot ! Mais ce n’est pas toujours le cas, ici les sentiers ne sont pas des autoroutes à promeneurs, ils sont souvent peu visibles. Parfois les départs sont éloignés des routes ou des villages et nécessitent un véhicule pour les rejoindre.
- Le départ est repéré et accessible, reste à rassembler les informations sur le parcours. Encore une fois, il faut partir à la pêche aux infos sur les sites web dont j’ai parlé. Point culminant, climat, difficulté, bivouac… La question de l’eau est déterminante mais l’info est dure à trouver. Donc je fais le postulat suivant : il n’y a pas d’eau. Heureusement qu’il y a quelques exceptions.
- Si la randonnée parait possible, il faut tracer le parcours, sauf à partir avec quelqu’un qui connait. Pour cela, j’utilise google earth et google maps. Parfois le sentier n’est pas visible, parfois il n’y en a pas. Parfois je sais juste qu’il faut suivre un ruisseau, puis une crête. Enfin, il faut faire avec. Les photos déposées sur google peuvent être utiles comme elles peuvent induire en erreur si elles sont mal placées. Google Earth est un bel outil mais question orientation il ne vaut pas une bonne carte IGN. Pour pallier à ces défauts, il faut sortir plusieurs cartes. J’utilise au minimum une vue satellite et une vue avec les courbes de niveau (google maps uniquement). En cas de doute, c'est-à-dire presque tout le temps, je sors des vues 3D pour avoir une idée précise du terrain. Je regarde le terrain sous toutes ses coutures jusqu’à en avoir une bonne représentation dans ma tête.
- Une fois le parcours tracé, il est possible de vérifier sa faisabilité avec le profil d’élévation (google earth). Je me suis fait rappeler qu’au dessus de 3000m, on avance moins vite et moins longtemps. Dans la création des étapes, il faut bien penser la localisation des bivouacs, des points d’eau, des ravitaillements et prendre le temps de l’acclimatation.
- Enfin, quand tout ceci est prêt, il faut consulter la météo. Voici quelques sites : meteo meteo bis, nuestro climat, servicio meteologico nacional . Il faut bien garder à l’esprit que le temps n’a rien à voir à 3000 ou à 4000m par rapport à Salta. Il y fait souvent plus froid, avec du vent, mais il peut y faire aussi chaud. Les hauts reliefs créent des micro-climat. San Lorenzo est frais et humide, la puna est sèche et venteuse, avec des températures extrêmes (chaud/froid). Le soleil brûle la peau en altitude. J’emporte donc crème solaire (minimum indice 30) et au moins 2,5l d’eau/jour. Pour l’habillement, c’est casquette, pantalon, manches longues, pull polaire (un minimum) et un imperméable.
Tout ça n’est pas évident. Le fait que je commence à connaitre la région m’aide beaucoup. Lire l’espagnol est un gros atout pour chercher les informations. Pour ceux qui ont la flemme, attendez que je mette plus de topos sur le blog J
Malgré tout cela, rien ne garantie de ne pas se planter. Or, dans le coin il n'y a pas de secours de montagne, ni de réseau GSM. Je ne suis donc pas responsable de l'utilisation faite de ces informations. C'est à chacun de prendre ses responsabilités et les précautions nécessaires pour assumer sa sécurité.
Malgré tout cela, rien ne garantie de ne pas se planter. Or, dans le coin il n'y a pas de secours de montagne, ni de réseau GSM. Je ne suis donc pas responsable de l'utilisation faite de ces informations. C'est à chacun de prendre ses responsabilités et les précautions nécessaires pour assumer sa sécurité.