Circuler à Salta
Etre piéton et conducteur à Salta, c’est toute une aventure, exaltante, mais périlleuse. Depuis un mois que nous sommes arrivés, nous n’arrivons toujours pas à comprendre le fonctionnement du code de la route. A presque douter de son existence !
Une chose semble certaine. Les voitures s’arrêtent au feu rouge, démarrent au feu vert (parfois en l’anticipant un chouilla). Ça c’est bon. Pas totalement puisque la nuit et/ou pour les motos, la règle fonctionne moins systématiquement. De nombreux feux ne fonctionnent pas une certaine partie de la nuit.
Pour le reste on est dans le flou le plus total. Le port du casque et la ceinture de sécurité sont obligatoires. Mais en fait, non. Seuls quelques motards portent le casque. Pour ce qui est de la ceinture, beaucoup ne la mettent pas. Pour ceux qui baignés par les messages de prévention routière souhaiteraient la mettre, cruelle désillusion puisque à l’arrière il n’y en a pas toujours d’accessible. On s’y fait petit à petit.
Le flou le plus total réside dans les règles de priorité. Voici quelques conclusions auxquelles nous sommes arrivés. Ce n’est ni à droite ni à gauche et cela ne dépend pas de la taille ou de la nature du véhicule (quoique les vélos sont un peu désavantagés). Les chevaux avec charrette ne semblent pas bénéficier d’un régime spécial. Il semble que globalement ça se joue au regard et au culot. Nous allons poster Stan à un carrefour 24h/24 pour mesurer l’incidence de la lune et de l’âge des conducteurs sur les règles de circulation. Affaire à suivre. Les limitations de vitesse connaissent le même sort et ne sont pas respectées. Si bien que la police a trouvé une astuce astucieuse pour réduire la vitesse. Les routes sont parfois limitées à 30 ou 40km/h sans trop que l’on comprenne pourquoi. C’est en fait une technique avancée de gestion du trafic. Les conducteurs ne roulant qu’en moyenne que deux à trois fois plus vite que la limite autorisée, la vitesse moyenne varie donc entre 70 et 100km/h. En rentrant de Humahuaca pour Salta (presque 300km), on a quand même vu un camion et une voiture dans le fossé.
Mais il ne faut pas caricaturer, il existe au moins une règle élémentaire, claire et connue de tous : LES PIETONS NE SONT PAS PRIORITAIRES. Aux carrefours, évitez de vous amusez à traverser devant une voiture qui tourne à droite en pensant qu’elle va s’arrêter. Elle ne s’arrêtera pas. Pas de régime dérogatoire pour les personnes âgées. Et quand le piéton passe au rouge, il est déjà trop tard !
Bref, on doit perdre quelques habitudes de piéton privilégié, presque chouchouté en France en comparaison d’ici. Globalement, le nord-ouest argentin semble être une région dangereuse sur la route. Pourquoi ? Les conducteurs ne sont pas très disciplinés, les règles floues, le réseau routier n’est pas partout en très bon état et les pistes de montagne sont évidemment plus dangereuses qu’une autoroute en plaine.